L’histoire
Une femme quitte sa maison… Presque sur un coup de tête. Elle n’a rien préparé, elle se demande rapidement pourquoi elle a fait ça, pourquoi surtout elle a laissé sa fille Lou avec son père Sirius, car la vie d’après n’est pas ce qu’elle croyait, tout lui file entre les mains, elle ne gère plus rien, et les antidépresseurs, associés à un psychiatre bizarre ne l’aident pas à avoir une idée claire de sa situation. La peur de tout continue à l’accompagner.
Sur les conseils de ce dernier et avec aussi le regard lucide que sa seule amie, Blanche, pose sur la situation, elle essaie de reconstruire ses journées, sa vie de femme libre, mais la sensation d’arrachement est bien là, et la tentation de retourner vivre avec son mari est grande, tellement le manque de confiance en elle est criant.
Pourtant elle arrivera à obtenir une garde alternée, à mentir pour pouvoir louer un appartement, à décrocher quelques conférences dans un lycée, dans ses Vosges natales où les grandes forêts l’attendent, il y aura le retour auprès de l’homme détesté, mais protecteur contre le monde qui lui fait si peur. Il lui faudra ce second départ pour avoir enfin les outils nécessaires à une vraie reconstruction. Et peut-être découvrir l’origine de la peur qui l’a rendue si faible face aux événements de sa vie.
D’où viennent nos peurs, ces peurs imprécises qui collent à la peau ? C’est dans la région des Vosges que les peurs ont commencé. Sur place, elle se souvient de ses peurs dans la cour de récréation, surtout, ne pas être seule. En atelier scolaire, elle rencontre Eric dont elle ne se souvient pas. Tout a commencé là et son cerveau a décidé d’oublier.
Une trame intéressante qui met l’accent sur les difficultés de prendre l’initiative d’une séparation, que l’on ne réussit pas toujours la première fois, mais pour moi l’auteure a un peu raté sa démonstration.
L’écriture est nébuleuse. Est-ce volontaire pour décrire l’état dans lequel est le personnage, le brouillard est dans l’écriture décousue. Michelle l’héroïne avait le droit d’être floue, mais elle aurait pu éclairer les lecteurs par un fil conducteur pour apprécier ce roman.
La lumière se fait dans les dernières pages lorsqu’on apprend la proximité de l’enfant près d’un drame qui a bouleversé toute la France. Ce roman est à la fois un exorcisme et une psychothérapie.


