L’histoire
Recommandé PAR AUGUSTIN TRAPENARD
Amani, 67 ans, une femme sans histoire a emprunté régulièrement le bus 789 pour aller de sa cité la Caverne en banlieue parisienne à son travail. Elle est en retraite et décide subitement de disparaître. Elle laisse un mot, et surtout 2 hommes complètement atomisés. Son mari, Hédi, maçon à la retraite, 50 ans de mariage, est furieux. Pris d’une rage incontrôlable, il casse tout dans la maison, démonte les meubles et enlève son alliance et la jette.
Slimane, son grand fils de 36 ans, master d’histoire en poche, vit toujours à la maison. Il s’effondre, mais tente de comprendre.
Il traîne de petit boulot en petit boulot, et le soir va rejoindre ses copains, sur le « Parking », pour fumer des clopes, à attendre Dieu sait quoi en se racontant des histoires et en refaisant leur petit monde.
Un électrochoc pour Salmane, qui en compagnie de ses copains, cherche à savoir où elle a pu partir, puisque cette femme est sans famille autre que son mari et son fils.
Seulement voilà, orpheline, elle ne l’est pas, ni son père d’ailleurs, ils ont bien chacun une famille en Tunisie qu’ils ont fuie alors qu’ils étaient jeunes-mariés. Amani est partie retrouver ses racines, n’en pouvant plus de ces mensonges et de ces secrets de famille qui l’étouffent.
Salmane n’hésite pas à prendre l’avion et retrouve sa mère chez la sœur de celle-ci Hager.
Alors il va apprendre son histoire, découvrir des photos et le passé de ses parents, ces révélations feront de lui, enfin, un homme, et non plus cet ado attardé qu’il était encore à 36 ans.
Un premier roman plein de péripéties, écrit sur un ton allègre et avec la verdeur acidulée de la jeunesse. Mais derrière la simplicité du récit, on trouve le grand questionnement sur la condition sociale des immigrés en France, et les coutumes de leur autre pays, la difficulté de faire vivre harmonieusement pour eux ces diverses origines, le rôle primordial des mères, piliers de ces familles fragilisées.
Un roman qui se lit aisément, mais qui mine de rien interroge intensément le lecteur sur ses propres sentiments, ressentis, opinions.


