L’histoire
Ce premier roman ne ressemble à aucun autre ! Original et difficile à résumer puisqu’il est uniquement composé de lettres.
À travers toute une vie de correspondance avec des auteurs qu’elle a lus et aimés… ou pas !
Sybil Van Antwerp nous découvre ce qui a fait son existence, riche d’expériences joyeuses, tristes, dramatiques, mais toujours surprenantes.
Cette correspondante a son franc-parler, qu’il s’agisse des membres de sa famille, ses amis, son proche voisin, ses amoureux, son frère, ses enfants, un jeune garçon, un réfugié syrien.
Sa correspondance s’est intensifiée avec la retraite, avec la peur de ne plus pouvoir écrire, car elle perd peu à peu la vue.
Le temps presse, chaque jour elle est à son bureau devant sa fenêtre et sa vue sur le fleuve, à Annapolis dans le Maryland.
De sa plume alerte, acerbe quelquefois, mais toujours éblouissante, elle se lance dans des pages d’écriture qui obligeront ceux à qui elle s’adresse à lui répondre. Même ceux qui ne sont pas à l’aise avec cet exercice font cet effort !
Elle a 73 ans, vit seule dans sa petite maison après une vie de juriste puis de greffière, elle semble préférer écrire que téléphoner ou rencontrer physiquement les personnes de son entourage. Elle a ainsi érigé des barrières autour d’elle, même avec sa propre fille Fiona.
Pourtant, grâce à ce don qu’elle a, de faire revivre des petits bouts de sa vie, elle dévoile peu à peu ce qui a fait son existence, c’est ainsi qu’elle nous construit un véritable roman. Suspenses, secrets, malentendus, presque haine parfois, mais aussi fragilités, remords, incompréhensions ; tous les ingrédients sont là pour nous tenir en haleine.
Éblouissant, réjouissant et bouleversant souvent, ce roman ne peut nous laisser insensibles.
Une ode à l’écriture dans cette époque où la transmission et les échanges passent de plus en plus par internet et où l’art de la correspondance se perd.
Une franche réussite.


