L’histoire

L’intrigue se déroule dans les Pyrénées-Orientales au cours de l’hiver 1917.

Un soir d’orage, Théodore, déserteur se présente au château de l’Esparre pour demander refuge. Il connaît Isaure, la propriétaire du domaine viticole pour qui il a déjà travaillé et réalisé le portrait puisqu’il est peintre.

Le patriotisme est au plus fort, ancré dans le cœur de chacun et chacune, pas de place pour le doute, le devoir avant tout, malgré les pertes énormes de millions d’hommes sacrifiés pour garder la liberté de la patrie.

Isaure, a reconnu Théodore, mais horrifiée chasse ce déserteur, pensant à son mari et à son fils qui accomplissent leur devoir sur le front. Isaure qui avait mené une existence mondaine remplace son mari à la tête du domaine qu’elle mène de main de maître avec l’aide d’un réfugié espagnol, son maître de chais.

La fille d’Isaure, Rosalie, 19 ans, a tout entendu et tard dans la soirée cache Théodore dans le grenier. Une histoire d’amour naîtra évidemment entre la jeune fille et le peintre. Marthe, la bonne, profite de la situation quand elle découvre par hasard Théodore, elle fait chanter Rosalie.

 Les gendarmes recherchent les déserteurs de plus en plus nombreux après la bataille de Verdun et de La Somme, ils bloquent les routes vers l’Espagne, et fusillent ceux qui tombent entre leurs mains.

Rosalie est infirmière bénévole à l’hôpital et les confidences des blessés qu’elle soigne vont lui faire toucher du doigt l’ambivalence de ces hommes qui ont fui et qui pourtant ne sont pas que lâches.

Il leur a fallu tellement de souffrances morales et physiques pour prendre une telle décision.

Théodore et Rosalie s’apprivoisent, s’aiment, Théodore retrouve le goût de peindre, mais que peut être l’avenir pour ces deux personnes que tout sépare ?

Le début de ce roman est un peu simpliste, fleur bleue, mais au fil des pages l’histoire prend corps, s’épaissit et se transforme en une très fine analyse de sentiments.

Bien sûr Isaure sera scandalisée lorsqu’elle découvrira la situation alors qu’elle œuvrait pour marier sa fille à un veuf. L’union pourra-t-elle se réaliser ?

La guerre sert de toile de fond, mais n’est pas vraiment décrite. Gaëlle Nohant s’est attachée à décrire la condition des femmes à cette époque et leurs aspirations pour leur vie future. Les notions de courage et d’honneur sont abordées sous plusieurs angles. Aux portes de leur émancipation et de leur indépendance. La cage vient juste de s’ouvrir, le plus dur est d’avancer et de prendre son envol sans se retourner, car la guerre finie et les hommes de retour, trouvent normal de renvoyer leurs femmes dans leurs cuisines, et à leur rôle d’enfanter.

L’histoire se lit facilement ; le style est toujours agréable, mais l’intrigue proprement dite est assez convenue.