L’histoire
Inspiré d’une histoire vraie, ce roman se déroule dans les années 1950 en pleine guerre froide.
Sofie Von Meyer Rhodes arrive en Alabama avec ses deux enfants pour rejoindre son mari Jürgen qui à la fin de la guerre a été recruté, sans en avoir réellement le choix, par le gouvernement américain pour travailler au développement d’un programme spatial. Elle espère commencer une nouvelle vie en retrouvant son mari dont elle est restée sans nouvelle pendant 5 ans.
Progressivement on découvre le passé de cette famille pendant la montée du nazisme en Allemagne. Bien qu’il ne partage pas les idées d’Hitler, Jürgen, en tant que scientifique, est obligé de travailler étroitement avec les nazis afin notamment de protéger sa famille. Il s’agit de mettre au point un système de bombe. Leur fils aîné participe aux manifestations des jeunesses hitlériennes, embrigadé dès son enfance et ne connaissant que la propagande nazie. Il meurt à la fin du conflit en combattant pour le Führer.
À son arrivée en Amérique, Sofie espère connaître des jours meilleurs, mais elle se heurte aussitôt à Lizzie, américaine épouse du supérieur de Jürgen, mais aussi à la communauté allemande qui vit sur place et suspecte Jürgen d’avoir été un dignitaire nazi. Jürgen a effectivement été récompensé par le régime pour ses travaux et connaissait les exactions commises dans les camps.
Lizzie protège son frère Henry revenu de la guerre après avoir participé à la libération des camps et encore hanté par les horreurs qu’il a découvertes alors. Il ne supporte pas la venue de la famille de Jürgen et mène des actions pour la discréditer et attiser la haine contre elle, insultes et accusations à la peinture, introductions dans la maison.
Ce roman très intéressant aborde l’histoire des Allemands sous un angle inhabituel : l’embrigadement des scientifiques malgré eux pour certains, leur récupération par les Américains, la difficulté de vivre l’après-guerre avec les remords et la notion de culpabilité. Il permet de s’interroger sur la responsabilité de chacun au sein d’un groupe, sur la possibilité et la volonté d’agir pour lutter contre les idées d’un régime totalitaire. Le style est agréable et l’alternance des époques facile à gérer.


