L’histoire
Après une emprise intellectuelle par celui qui deviendra son premier amour, l’auteure a pu échapper à l’horreur de la violence et de l’emprise.
Cet homme mûr, journaliste, écrivain et entraîneur d’athlétisme va passer de guide à gourou. Dès ses 18 ans, l’auteure qui ne connaît rien à la vie va admirer et se soumettre à cet homme remarquablement intelligent comme la plupart des pervers narcissiques, peu à peu, il va l’éloigner de sa famille.
Quelle est la bonne distance pour raconter l’inénarrable et se reconstruire? L’auteure a refusé d’évoquer sa propre histoire et s’est murée longtemps dans le silence.
Comme dans une méthode scientifique, elle se base sur sa mémoire, ses propres ressentis tout en explorant au scalpel des sources d’autres témoignages souvent enfermés dans le carcan de sociétés bien pensantes.
2021, le meurtre puis l’immolation par le feu de Chahinez Daoud, dans des conditions particulièrement horribles, va libérer sa parole, ou plutôt son écriture.
Elle revient aussi sur les soupçons qu’elle avait eus au moment du décès de sa cousine Emma, morte il y a 20 ans sur l’île Maurice, écrasée par un chauffard, qui était en fait son mari. Elle mène son enquête auprès de sa famille, et encore une fois les similitudes se font jour.
Particulièrement cette poursuite en voiture qu’elle retrouve dans son cas et dans celui de ces deux femmes. Son analyse pointe l’essentiel, la peur, la soumission, l’isolement, la dévalorisation, la résistance tardive de ces femmes, car il y en a malgré tout, mais combien il est difficile de s’en sortir .
Même si le schéma de l’homme décrit dans les deux cas présentés est issu d’une société patriarcale et traditionnelle qui ne supporte pas que son épouse, sa chose lui échappe, l’auteure nous fait toucher du doigt la réalité complexe de cet engrenage lorsqu’il est vécu de l’intérieur d’une relation où les émotions et l’amour y ont leur part.
C’est lorsqu’elles comprennent l’emprise et tentent de s’en sortir que la sentence de mort tombe.


