L’histoire

Littérairement, tout est impeccable, tout est là, comme dans les autres livres.

Une ferme modeste, un père et une mère aigris et taiseux devant l’obligation d’abandonner peu à peu la ferme à leur fils, générant même de la haine chez le père, mais personne ne dit rien, à part des coups de poings pour exprimer la colère.

La fille, a pu continuer ses études, et est devenue écrivaine,  elle soutient tout le monde, et fait largement sa part. Son souci va vers son frère, qu’elle voit se replier de plus en plus, renoncer à ses idées de moderniser, de fonder une famille, de faire autrement… Et s’il se suicidait ? C’est sa grande crainte

Alors elle répète inlassablement, « Quand tu n’en pourras plus, dis le moi, quand tu voudras arrêter je serai là » Mais la dira-t-il un jour cette phrase avant qu’il ne soit trop tard ?

Les années passent, Gilles a 50 ans, ses rêves de famille, si ténus, se sont envolés devant la crainte que la fille, soit disant de mauvaise vie, déplaise aux parents. Il n’a plus personne.

Il rêvait de conduire un camion, libre sur les routes, il est pompier, sa seule échappatoire, et les saisons passent. Les vaches sont malades, il en perd chaque année, mais que peut-il y faire ?

Un livre à l’image des récits que l’on entend tous les jours sur la condition des paysans modestes, qui tiennent, encore et toujours, jusqu’au jour où ils ne peuvent plus. Est-ce que ce sera le sort de Gilles ?

Un livre intéressant, mais déjà tellement lu et relu sous la plume de l’auteur, que la surprise n’est plus là, avec même un sentiment de lassitude qui émousse le plaisir de lire.