L’histoire

Comment peut-on faire face à l’insoutenable qu’est la perte d’un enfant ?

23 octobre 1980, une explosion a lieu à l’école de Nuco située à Ortuella, au Pays basque, 51 morts de 5 à 10 ans. Est-ce la faute du plombier qui avait sa propre fille dans l’établissement ? Il réparait une chaudière avec un chalumeau.

Les réactions des personnages sont différentes face à l’atrocité de la mort d’un enfant.

Pour la famille de Nicasio, le malheur, c’est la mort de Nuco 6 ans qui ne rentrera plus. Il n’est pas le seul. Les étages se sont effondrés, et peu d’enfants qui étaient au rez-de-chaussée ont eu la vie sauve.

Dans le village, chacun se souvient de ce qu’il faisait lorsqu’il a entendu l’explosion et la supplique qu’il a adressée à Dieu.

Nuco n’avait pas très envie d’aller à l’école ce matin-là, Mariaje, sa mère a dû le forcer, au chagrin où se mêle la culpabilité. Elle découvre un autre visage de cette école qu’elle connaissait pourtant bien, une horreur, trois cratères, des enfants disloqués ou propulsés, des membres arrachés.

Un calmant pour sédater les parents de Nuco qui vont reconnaître leur enfant au visage écrasé.

La douleur prend des chemins différents.

La mère a sa période de vallée de larmes mêlée à une certaine insensibilité, incapable de faire quoi que ce soit, tout lui semble inutile, et elle se fait du souci pour son père, Nicasio, pour qui le petit Nuco était tout. Il venait le chercher le matin pour l’emmener à l’école, sa petite main dans la sienne, et il lui apprenait la vie, le monde.

Nicasio s’invente un monde où Nuco n’est pas mort. Il est l’un des rares à s’être sauvé, préservé par une table, il va le retrouver. Et à l’instar de certains enfants solitaires, Nuco va devenir son « ami imaginaire ». Il vient toujours le chercher le matin pour l’école, continue leurs conversations le long du chemin, les habitants s’habituent à voir passer ce vieil homme qui parle seul.

Sa fille ne le contrarie pas, comprenant que c’est sa façon de maîtriser son désespoir, de survivre, et lorsque les parents débarrassent la chambre du petit, Nicasio la reconstitue chez lui. Il n’est pas fou, il va au Colombarium où sont aussi les autres enfants, mais il sait qu’il ne doit pas sortir de cette bulle…le père, José Miguel souffre beaucoup et pleure sincèrement son enfant, mais il tente de protéger son épouse, il veut avancer, reconstruire en essayant d’entraîner sa femme sur ce chemin-là.

La mort de Nuco va révéler des secrets de famille, certains membres n’y résisteront pas, d’autres essaieront de faire au mieux.

Comment survivre à l’absence ? Chacun va évoluer à sa façon, l’auteur nous donne à réfléchir.

Un livre triste et lumineux tout de même, tendre et nostalgique à la fois, on éprouve tant de compassion envers cette famille qu’on a privée de l’essentiel, la présence de l’enfant chéri.