L’histoire

La vie qui reste… c’est celle que vivent Stelvio et Marisa, après le viol et l’assassinat de leur fille Elisabetta, dite Betta, à l’aube de ses 16 ans, alors qu’elle courait, en compagnie de sa cousine Miriam, voir les feux de joie de cet été là, sur la plage du petit village de Torre Domizia où ses parents avaient acheté une maison de vacances.

Pourtant, jusque là, le couple avait surmonté avec sagesse et amour sincère d’autres drames.

Alors que Marisa quasiment fiancée à Francesco est enceinte, elle se voit repoussée par cet homme qu’elle aimait tant. Ses parents tentent de cacher cette ignominie, et pour cela cherchent un accord avec Stelvio qui paraît amoureux de Marisa. L’accord est presque trouvé, mais heurte Marisa qui tombe gravement malade.

Les routes enneigées sont impraticables. Marisa doit sa survie à Stelvio qui va la porter pendant trois kilomètres jusqu’à l’hôpital. L’embryon reste bloqué et grossit dans la trompe, cette grossesse intra-utérine cause l’inflammation et l’infection.

L’embryon retiré, Marisa n’est plus obligée de se marier, mais devient amoureuse de cet homme qui multiplie les marques d’amour, elle sait qu’ elle peut compter sur lui. Ils se marient et forment un couple solide avec l’arrivée de deux enfants, Ettore, qui montre très vite des talents de musicien et Betta, curieuse, désobéissante et avide de goûter aux plaisirs de sa jeunesse.

Betta a emmené sa cousine Miriam voir les feux de joie sur la plage, la rencontre de trois voyous, avinés et drogués, va lui coûter la vie, asthmatique, elle meurt étouffée.

Profondément choquée par ce qu’elle vient de vivre, Miriam choisit de ne rien dire.

Emma, la mère de Miriam organise les funérailles de sa nièce sans deviner que sa propre fille a également été violée à Torre Domizia, Miriam se replie sur elle-même, devient anorexique et se drogue au Fentanyl prescrit par le psychiatre pour supporter la douleur et l’horreur. Ses parents sont trop occupés à mener leur vie mondaine et professionnelle, et les parents de Betta, indifférents à tout ce qui n’est pas  leur deuil et leur souffrance.

L’enquête ne mène à rien, au bout de deux ans, plus personne ne parle de ce drame. Gaspare, un des violeurs s’est suicidé. La police couvre le maréchal Nardulli et son fils Maurizio. Heureusement, l’enquête sera reprise par la juge Anita Perillo.

La rencontre de Léo De Maria, jeune garçon au cœur tendre, dealer par nécessité, avec Miriam, va faire exploser la coquille de désespoir où tout le monde vit enfermé depuis le drame. L’amour infini que ce jeune garçon éprouve pour cette « brindille » qui lui réclame de la drogue va lui donner l’envie et le courage de tout mettre en œuvre pour la sauver.

Des vies au jour le jour, on entre au cœur d’une douleur incurable. Stelvio devient alcoolique, Marisa vit comme un fantôme.

Un scanner qui décortique au scalpel la douleur .

Roman poignant sur la résilience, la reconstruction jour après jour comme dans un ralenti, pour bien comprendre les difficultés d’être seule avec une blessure secrète après l’horreur.

L’apaisement, une autre renaissance grâce à la force de l’amour, la reconnaissance du droit à la différence, pour la tendre sœur transgenre de Léo, Corallina… Tout nous est donné à lire au fil des pages de ce roman bien construit, structuré, où chaque personnage a des qualités qui donnent envie de le connaître plus intimement.