L’histoire
Par sa célébrité, nous pensions tout savoir sur CAMUS, sa vie son œuvre. Mais Sylvie LE BIHAN a eu la chance de dénicher par le biais de Louis GUILLOUX, écrivain oublié de grand talent, une facette de deux amis qu’elle met en scène dans son livre.
On découvre l’œuvre de Louis GUILLOUX, sa vie, et sa rencontre avec CAMUS, d’où naîtra une profonde et précieuse amitié, que seule la mort prématurée de CAMUS brisera, mais que Louis fera perdurer jusqu’à sa propre fin.
Le troisième personnage, Élisabeth est engagée par Bernard PIVOT pour préparer son émission « Apostrophes » sur CAMUS. Ses recherches la conduisent vers Louis, écrivain de grand talent, ses livres ont eu un certain succès, dont le Prix Renaudot en 1949, mais cet auteur vit dans un exil volontaire à Saint Brieuc. L’homme est farouche, mais Élisabeth saura l’apprivoiser et le faire parler de son ami Albert. Les deux hommes au fil des années se sont mutuellement soutenus, encouragés, ils relisaient les œuvres de l’autre, se redonnaient confiance, aussi bien pour leurs écrits que leurs amours, les décisions à prendre dans leurs vies. A cette époque, la correspondance tenait une place primordiale. C’est grâce à leurs nombreux échanges que l’auteur a pu reconstituer le fil de leur amitié.
Amitié exclusive et même possessive de la part de Louis, qui montrera sa jalousie lorsqu’il apprendra qu’Albert est parti en vacances sans lui dans le midi, comme ils en avaient l’habitude, ou lorsque PIVOT fera une autre émission sur CAMUS où il a refusé de participer, et qui lancera un dédaigneux. -ils racontent n’importe quoi, cela ce n’est pas CAMUS !
Magnifique récit sur une belle amitié, on rencontre les personnages littéraires qui ont hanté ce vingtième siècle, on découvre la BRETAGNE, SAINT BRIEUC, PARIS, VENISE, LONDRES, et on redécouvre un bon auteur oublié, avec peut- être le secret de cette amitié : Albert et Louis venaient tous deux de la classe populaire, et n’avaient jamais renié leurs origines. Ils étaient des « fidèles », Ils s’étaient reconnus.
A côté d’une belle histoire, nous avons une magnifique écriture, et ce n’est pas pour rien que Sylvie LE BIHAN a reçu le prix du LIVRE QUI FAIT DU BIEN., et a raté de si peu le RENAUDOT.


