L’histoire
Le premier chapitre nous introduit dans la ville de Vienne auprès de personnages remarquablement incarnés auprès de leurs familles et au sein de leurs différentes activités.
Que d’heures de recherches, dans ce roman très riche. Ce n’est pas un roman comme les autres, il n’est pas à ranger dans une bibliothèque, c’est un roman à conserver sur son bureau, à consulter si vous voulez connaître Vienne, ses richesses culturelles, ses différents métiers de leur genèse à la vente des produits dans leurs précisions.
On se prend d’affection pour Ava qui prépare le mariage de la petite dernière Sara, fleuriste, qui a repris la boutique de son père, Menahem. Un couple qui a inculqué de belles valeurs à ses trois enfants. De temps en temps, Ava se souvient de la purge qu’elle a connue dans sa jeunesse. Cent mille juifs ont été assassinés à partir de 1905. Son frère aîné tué par les cosaques puis son épouse et leurs enfants. Sa famille a choisi le futur en émigrant en Autriche.
Chaque portrait nous place au cœur de l’intimité du personnage, mais aussi au plus près techniquement de sa profession. Beaucoup de poésie avec Menahem, amoureux de son jardin, il a partagé sa passion de la botanique avec sa fille Sara.
S’en suit une galerie de personnages installés à Vienne. Le cœur de la capitale autrichienne est bien agréable, on le sent palpiter sous les doigts de ses artisans.
Karl, souffleur de verre a rencontré Sara à la patinoire. On retrouve avec lui les décors viennois de lustres de bohème. On frôle Stefan Zweig, les poètes, les pamphlétaires, les journalistes, Mozart, Mahler, Schubert, Klimt…
On découvre la connivence du luthier et de l’arbre, le palissandre, le boulanger dont les spécialités viennoises s’arrachent dans sa boutique cosmopolite.
Partout, des familles tranquilles, travailleuses et respectées.
Stefan, l’artisan, mercier, Simon le pharmacien, Jozeph, l’artisan chausseur, cordonnier, qui vient de Pologne.
Isaac, le libraire qui s’est installé dans le quartier historique dont les monuments visités par les touristes se font dans le fiacre de Joan qui a quitté Bucarest, il a sept enfants et a dû fuir ses Carpates natales où dès 1871, des pogroms ont décimé la population juive.
La deuxième partie annonce l’arrivée d’Hitler et son groupe de travailleurs sociaux nationalistes et la théorie du juif coupable de tous les maux.
Une bible historique où on peut se référer pour comprendre cet enchaînement maudit qui explique la reprise de la haine raciale et mène à se débarrasser du bolchevisme et du peuple sémite.
Pour cela, il faut des hommes forts. Staline après Lénine et maintenant Hitler et son endoctrinement contre les juifs. Son souhait d’une grande Allemagne, l’Autriche démocratique devient un pouvoir fasciste lorsque Dolfus est assassiné par Hitler.
Je pourrais résumer encore et encore, ce roman est d’une telle RICHESSE .
Un roman à lire pour démonter les mécanismes qui ont mené des êtres humains vers la déportation et les camps de concentration, ce qui pourrait bien se remettre en action aujourd’hui.


