L’histoire
Dans ce roman, on pénètre dans une cité avec ses intérieurs de pauvreté et la maigre possibilité de s’enrichir pour être juste, un peu mieux.
Je, le narrateur a une mère dépressive, elle est bretonne, blonde aux yeux bleus et boîte, pourtant, elle ne cesse de parler du pays ! Lequel ? Celui du père absent comme beaucoup d’autres ayant fui leurs responsabilités ou disparu pendant la guerre ?
Quand elle va bien, elle se lave, se coiffe et cuisine les plats de là-bas…
Je, est amoureux de Layla, son amie d’enfance, il fume des joints avec Elias qui veut être boulanger.
On ne parle pas de ce père, mais c’est son ombre qui a mis la mauvaise graine de révolte, de colère dans le cœur de ce gamin intelligent. Heureusement, un monde de mots habite sa tête.
Seuls moments de douceur et d’apaisement, les heures passées avec Elias, qui souffre d’être gros, mais qui parvient à transformer sa souffrance dans la danse, la musique et l’humour.
Mais les enfants grandissent, peu à peu, Elias se laisse embarquer par les prêches islamistes, il devient livreur de drogues dures pour aider sa mère qui a perdu son travail, Layla, l’amie d’enfance voit sa liberté restreinte par un grand frère surveillant sa vertu.
Le jeune garçon est éperdument amoureux de Layla, et le sera toute sa vie. Depuis toujours lui qu’on surnomme -le Muet- déborde de mots. Il lit les dictionnaires, décortique les définitions, et remplit ses carnets de poèmes, mettant dans l’écriture tout ce qu’il ne dit pas. Il est bon élève, mais se cache pour ne pas donner prise aux moqueries, et même plus, des jeunes du quartier.
Bien qu’il s’en défende, lui aussi recherche la figure paternelle, et part sur un coup de tête à Beyrouth. Il y sera accueilli par une femme admirable Madame Hind, il ne se sent pas mieux là-bas.
Il rentre en France, et son existence devient une errance entre ces pays, dans ses amitiés, dans son avenir, son amour pour Layla, une quête d’identité entre les deux bords de la Méditerranée, entre deux cultures, un mal être qui fait partie intégrante de sa vie… Seuls ses carnets de poésie arriveront à lui maintenir un temps la tête hors de l’eau.
Destin fracassé, biaisé, toujours en marge, malade de son hérédité, un crabe le dévore et finira par casser le peu d’amour de sa vie. Après une période de vie avec Layla au camping de la vallée de l’Ibie, il y a le geste de trop et Layla part.
L’auteur nous fait vivre la déshérence de ceux qui ne sont de nulle part et que la vie dépouille du peu qu’ils avaient pour se construire.


